Jean Louis Fournier a encore frappé. Enfin, disons plutôt que c'est lui qui a encore été frappé. Alors, pour info, je vous le refais dans l'ordre chronologique: c'est l'histoire d'un mec
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- qui avait un papa docteur alcoolique mort à 40 ans et des patates (Il a jamais tué personne mon papa)

 

 

 

 

 

- qui sur trois enfants a eu 2 fils handicappés mentaux ( Où on va papa?)31jMDr1y+OL

 

 

 

 

 

 

 

- qui a essayé en vain de devenir paysan ( Poète paysan) sans succès AUCUN ( enfin, pour paysan)

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- qui a perdu la femme qu'il aimait et est devenu veuf bien trop tôt ( Veuf)hqdefault

 

 

 

 

2670939177Déjà, ça fait pas mal. Et bien figurez-vous que sa seule et unique fille décide de devenir "Servante du seigneur". C'est là qu'on voit que , quoiqu'en disent les psychiatres et autres professionnels de la profession, écrire EST une thérapie. Ou un médicament. Ou un ersatz. Enfin, dans ce cas de figure précis, à mon avis, ça doit aider.

 

 

 

Alors, on se l'imaginerait fort bien aigri, déprimé, au fond du trou, grisouille, le père Fournier. Que nenni. Il est toujours drôle, bienveillant, mais caustique, concis et frais. J'adore le "frais".

 

Sauf dans ce livre......!!!! Bon, soyons honnête, au début, on se dit: oh non, elle va pas lui faire ça cette fille indigne, à ce pauvre homme. S'embrigader dans la foi intégriste, tout de même. Elle va pas en rajouter.

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Et puis , bon, il est quand même drôle, Jean Louis, quand il parle de Dieu.

" Tu sais bien que je ne suis pas anti-clérical, ni agnostique, ni athée. Peut-être panthéiste tendance iconoclaste. Je n'aime pas qu'on se moque des curés, je préfère le faire moi-même."

Soit.

Et il appelle son gendre Monseigneur

" Monseigneur ne me paraît pas trop catholique. Je ne lui donnerais pas le bon Dieu sans confession".

 

 

93923259" J'ai reçu une très belle carte de ma fille, il s'agit d'une photo qu'elle a dû prendre d'un vitrail.

Il représente l'apôtre saint Marc en costume de lion. Le rouge du vitrail est saignant . Au dos de la photo, un court texte: "Bon anniversaire Jean Louis. Ton cadeau, ce sera une messe ( je te préviendrai de la date). Je t'embrasse".

C'est extraordinaire, comment elle a deviné, transmission de pensées? Ce matin, en me levant, je me suis dit: "Tiens, je m'offrirais bien une petite messe.. J'attends avec impatience le cadeau du prochain anniversaire. Le sacrement de l'extreme onction, ou la messe de requiem?"

 

Bon, d'accord, ça m'a fait rire. Mais quelque chose clochait. Parce que c'est bien de lire le texte de ce père écrivain qu'est Jean Louis Fournier. Moi, je m'en fous, mon père, il est pas écrivain. Je commence à me persuader d'ailleurs que bien lui en a pris!!!!!Parce que plus le livre avance, plus on se dit que tout de même, à être fille, on aimerait pas s'appeler Marie Fournier. C'est un peu un brûlot, son bouquin, à Jean Louis. Y manque un chouillas de toute l'immense bienveillance qui le caractérise. 

" (Monseigneur") ....a étudié la théologie à la Faculté, il sera peut-être évêque?Il a écrit une histoire de la philosophie. Il parle le grec et le latin. Je suis ravi. J'ai toujours été impréssioné par les intellectuels. Monseigneur va remonter le QI familial."

" C'est un contrat entre eux, j'alimente ton ego, tu alimentes le mien. On se conforte dans l'idée qu'on est les mieux, d'ailleurs on est les mieux. On médite et on médit des autres."

Ok. Mais tout ça sent un peu le papa pas content de son gendre. Pas de quoi en faire un roman, peut être. Ou alors pas comme ça.

Donc, j'étais en train de deviser de la sorte, lorsque je suis arrivée à la fin du livre et tombée nez à nez avec Marie Fournier, sa fille. Qui a obtenu, sûrement par voie de justice, un droit de réponse dans le livre même de son père. Et force est de constater que ses arguments auraient pu être ceux de n'importe quelle fille vis à vis de son père.Et on tique beaucoup quand on lit " Elle n'est plus la même" ce à quoi elle répond: " Ce n'est pas faux! Je n'ai plus envie de me suicider tous les matins, je ne me drogue plus, je n'ai plus peur." Aucune référence à tout ça dans le texte du papa.

Alors, qu'en penser? Après avoir lu les opinions très acerbes de pas mal de critiques littéraires, et lu au moins 9 bouquins de Jean Louis Fournier, je peux le dire: celui-ci n'est pas le meilleur. Mais il mérite d'être lu. Parce que ça prouve bien que la paternité est l'une des choses les plus difficiles et ardues à vivre dans la vie, même pour un écrivain génial comme Jean Louis Fournier! Ce livre le replace dans une dimension tout à fait humaine. Finalement, si justice il y a eu, elle a bien fait son job en laissant Marie Fournier répondre au texte de son père.  Intructif, et à lire, même si ça n'est pas son meilleur.

( Je me demande si un jour sur ce blog, je vais vraiment déconseiller à qui que ce soit de lire un livre......Collection Harlequin peut-être? Recueil relié de Voici et Gala? Biographie de Nicolas S.y par LUI-MEME QUE LUI LUI LUI? Pas envie de lire tout ça, dommage, du coup vous saurez pas)