C'est l'histoire d'un mec qui s'appele Paul Salopek. Ah ah

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Lui-même. Américain. .La cinquantaine. . Deux prix Pulitzer à son actif. Reporter de son état. En 2013, il a entrepris LE voyage. Le voyage d'une vie. 

Quand certains partent en voilier sur les mers du globe, d'autres vont fouler les glaces de la banquise.

Paul Salopek a décidé de faire.....ça

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Rien de bien méchant, juste la petite ligne rouge. Du grand Rift à la Terre de Feu. L'une des grandes routes de la  Migration Humaine Originelle, sur 2500 générations.  35 000 km. 7 ans. A pied. Tout seul.  Enfin, parfois avec un âne. Avec un mot d'ordre: "Ralentis, et retrouve l'humanité". C'est ce qu'il appelle le "slow Journalism". Pour la marcheuse compulsive que je suis, c'est juste un rêve auquel je n'avais même pas pensé. Idiote que je suis.

salopek-leading-camels-615Un article sur le site de l'Obs rue 89 explique le principe de "milestone" adopté par Paul:  

" ...Tous les 100 miles (environ 161 km), il prend une photo panoramique, le sol, le ciel, interviewe le premier être humain à proximité et enregistre du son et de la vidéo.

Son procédé, standardisé, permet de réaliser des comparaisons intéressantes entre les différents lieux, tout en offrant un support multimédia bien pensé."

 

Le tout en étroite collaboration avec le National Geographic. Et Paul Salopek de préciser, toujours dans le même article:

«  Ce projet est vraiment à propos du présent. A propos de comment nous avons changé le monde, et comment le monde est radicalement altéré de notre point de vue sous le prisme de certaines choses comme Internet. J’ai commencé cette marche avec 35% de la population mondiale ayant un accès à Internet. Au moment où j’atteindrai la Patagonie en 2020, on parlera de 80 à 90%.  »

Enfin, dernière citation de cet article, et de Paul:

Salopek relativise sa contribution. Pour lui, ce projet échouera s’il devient un événement médiatique centré sur sa personne. Il souhaite que l’on s’intéresse au voyage en lui-même, à cette route que nos ancêtres ont parcourue il y a 50 000 ans.

02-african-migrants-capturing-cell-signals-670fA droite: Migrants africains à Djibouti tentant de capturer du réseau téléphonique de la Somalie voisine

Pourquoi? sûrement parce que son périple va l'amener à se frotter au plus près de l'humanité: les migrations, le changement climatique, la technologie, les guerres ( et Dieu sait qu'il va en traverser), l'Histoire, le tourisme, les villes, la campagne, le désert . A travers ses yeux va nous parvenir un véritable prisme de la société humaine .

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En général, les "exploits" humains médiatisés me fatiguent prodigieusement. Les gugus qui traversent l'Antarctique en tong, rament jusqu'au Japon accrochés par le bout du cheveu droit à un pneu  ou escaladent le Kilimandjaro en roller skate sans les roues arrière me laissent de marbre. Désolée pour eux.

 A gauche L'espace de vie des semi-nomades rétrécit inexorablement. En Ethiopie, un mur dévie les eaux de la rivière Awash dans le cadre d'un immense projet de plantation de canne à sucre dans le désert.

 

J'aime les gens qui marchent. Les Théodore Monod, les Levi Strauss, et les Paul Salopek. Et tous les autres, tous ceux que l'on ne connait pas. C'est pour moi le témoignage de l'humilité ultime. De la sagesse absolue. De la lenteur humaine.

Si vous voulez suivre Paul Salopek et sa marche en dehors de l'Eden, c'est par ici :

National Geographic Out of Eden Walk

Pulitzer Prize-winning journalist and National Geographic Fellow Paul Salopek is retracing on foot the global migration of our ancestors in a 21,000-mile, seven-year odyssey that begins in Ethiopia and ends in Tierra del Fuego.

http://nationalgeographic.org

Pas de panique, le blog est traduit dans des dizaines de langues dont le français: pour cela, il suffit d'aller sur la page ci-dessus, dans le menu déroulant juste en haut à gauche à côté de Out of Eden walk, et de cliquer sur "translations".

Et puis bien sûr, on peut s'abonner au blog et lire les articles au jour le jour. Garanti: c'est un excellent ersatz au journal de Pernaud et à la Dépêche du Midi.......

 


 

That's the story of a guy named Paul Salopek. Himself

 

 

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American. Fiftyish. Twice winner of Pulitzer prize. Reporter, journalist. Back in 2013, he was feeling a wee bit bored, so he decided to set up on a journey. When some people embark upon sailing around the world, or treading on the Ice cap, Paul Salopek opted for this route:

 

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Nothing extraordinary.Just the wee red line. I mean, the thin one. From the Great Rift to the Tierra del Fuego. One of the original human migration route. Involving 25,000 generations. Well, Paul Salopek decided to walk it through. By himself. With a donkey. Sometimes. 35,000 km. 7 years. With one motto: "Slow down, and find humanity"- that is what he calls slow journalism. To a compulsive walker like I am, here is a dream i had not even thought about. Stupid me.

 

salopek-leading-camels-615He decided to set up a "milestone system": every 100 miles, he stops, takes a panoramic pic, including earth and skies, interviews the first human being he comes across, records sound and video. This standardised process enables him to set up interesting comparisons between different places, while offering a clever multimedia support. ( approximate personal translation of an excerpt from the French magazine l'Obs rue 89)

 

 

 

 Throughout his journey, Paul will be sponsored by the National Geographic. He goes on in the same article ( Obs, rue 89)

 

" This project really deals with the present, NOW. With how we changed the world, and how the world was radically altered from our point of view through prism like internet. When I started this march , 35 % of the world population had an access to internet. When I get to Patagonia in 2020, this same figure is expected to have risen to 80/ 90 %. "

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 Salopek does not wish his project to become a mediatic event centrered solely on his person. He wants people to be interested in the journey itself, the route our ancestors covered 50,000 years ago." 

 

 

Right African migrants in Djibouti seeking out cheap signal for their cell phones from neighbouring Somalia

Why so? probably because his journey will bring him closer to Humanity at large: migrations, climate change, technology, wars (God knows he is due to cross some dark places....), History, tourism, towns, cities, villages, deserts. Through his eyes , we will get an opportunity to discover a whole prism of human society.

 

08-watering-camels-at-awash-river-670fLeft: semi-nomadic space is shrinking . In Ethiopia, a wall diverts the waters of River Awash in a project to create a huge sugar cane plantation in the desert.  

 

Generaly speaking, human "records" bore me to death. Blokes ( or girls) who set up to walk across the Antarctic in flip flops, row to Japan tied by the end of their left hair to a tyre, or climb the Kilimandjaro on roller skates without the hind wheels just ...well, eeeer, I just don't give a damn, sorry.

 I love people who walk.  Théodore Monod,  Levi Strauss,  Paul Salopek. And all the ones we do not know about. To me, walking is a proof of utmost humility. Absolute wisdom. Human slow pace. 

 

If you are interested in following Paul in his Out of Eden walk:

National Geographic Out of Eden Walk

Pulitzer Prize-winning journalist and National Geographic Fellow Paul Salopek is retracing on foot the global migration of our ancestors in a 21,000-mile, seven-year odyssey that begins in Ethiopia and ends in Tierra del Fuego.

http://nationalgeographic.org